Atelier : Crises et précarités ?

La précarité dans tous ses états – A quoi , à qui sert-elle ?

 

Personne de contact :
Luc Mertens, luc.mertens(at)le26.social

Résumé :

« La lutte contre la pauvreté est une nécessité qui s’impose à un système et qui doit être articulée à toutes les politiques de chaque gouvernement[1] ».

Les formes que la précarité peut prendre sont multiples.  Ainsi les personnes vivant dans cet état sont celles qui n’ont pas accès au marché du travail[2] et qui disposent de faibles revenus.  Contrairement à d’autres, ces personnes vivent au jour le jour, dans l’incertitude de ne pas pouvoir satisfaire leurs besoins de base.  C’est aussi celles dont les réseaux sociaux et relationnels sont limités, qui ont développé peu de compétences culturelles, dont la santé est déficiente et l’espérance de vie est amoindrie, etc.  C’est comme si la pauvreté pouvait alors être considérée comme la conséquence de l’exposition à plusieurs formes de précarité[3].

Mais peut-être cette approche peut-elle être questionnée.  Elle est construite sur les résultats de mesures de comparaisons et ceux-ci pourraient être considérés comme inadaptés ou insatisfaisants.  De plus la notion de précarité varie dans le temps et dans l’espace.  Qu’est-ce qui peut expliquer cette variation au-delà des éléments de définition repris ci-dessus ?

Le maintien d’une partie de la population en situation de précarité et de dépendance est-il lié à une crise ou est-ce une situation redondante ?  Autrement dit, la précarité serait-elle nécessaire à l’équilibre de nos systèmes économiques, sociaux, culturels, etc. ?

Les précarités questionnent nos croyances.  Nombreux tiennent un discours évoquant leur disparition, comme une des conditions au « bien vivre ensemble ».  Si telle est la réalité comment comprendre que les actions caritatives, ne contribuent à les éradiquer mais au contraire renforce l’immobilisme (homéostasie) d’un système global ?  Ainsi, la finalité réelle des systèmes caritatifs rencontre t’elle les besoins des personnes en précarité ?  Que produisent les interactions entre le « système caritatif » et le « système pauvres » ?

Quand il n’y a pas de riches, il n’y a pas de précaires !  Un observateur pourrait formuler l’hypothèse que tout semble être fait pour que la précarité subsiste.  Il s’interrogerait sur la place et la fonction des précaires.

Pourrait-on dire qu’il existe une dépendance entre un système global et un de ses sous-systèmes : la fonction du « sous-système précarité », par ailleurs opérant, serait de maintenir le système global à l’équilibre en en étant le stabilisateur.  Le système global garantirait l’opérationnalité du sous-système « précarité » en produisant ou en régulant les conditions de cette précarité ?

Dans ce cadre, comment comprendre et se laisser interpeller par la sobriété volontaire et les tenants de la décroissance ?

L’atelier aura pour objectif de faire débattre les tenants de multiples points de vue sur ces questions.

 

Mots clés : précarité, système, interactions, finalité

 

[1] Christine Mahy, Secrétaire générale du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, lors d’une interview à la Première (RTBF radio (https://www.rtbf.be/auvio/detail_debats-premiere?id=2299745&cid=2299746))

[2] http://www.institut-solidaris.be/index.php/le-travail-protege-t-il-de-la-pauvrete/

[3] C’est d’ailleurs ainsi que Eurostat  définit la pauvreté : Le cumul d’une pauvreté monétaire, d’une faible intensité de main d’œuvre du ménage et d’un accès limité à des biens ou services de consommation courants.

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